Soutien au Capitaine Ibrahim Traoré : l’autre face juteuse de la manifestation

Les manifestations de soutien au capitaine Ibrahim Traoré ont pris leur envol depuis le 30 septembre, jour du coup d’état perpétré par ce dernier à l’encontre du Lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. A l’instar de la capitale, Ouagadougou, c’est bien d’autres villes qui sont dans la ferveur de ces rassemblements. Les manifestants soutiennent catégoriquement le maintien de leur idole à la tête du pays. Parallèlement, ils réclament le départ de la France et revendiquent une collaboration avec la Russie. Qu’à cela ne tienne. Nombreux sont ceux qui en ont fait d’une pierre deux coups.

En effet, ce n’est un secret pour personne, les manifestants ont pour gadgets favorites, les objets à l’effigie du capitaine Ibrahim Traoré ainsi que les drapeaux Burkinabè et Russe.

A la place Tiéfo Amoro, lieu par excellence du regroupement des manifestants, c’est un juteux business qui a fait surface. La vente d’objets à l’effigie du jeune capitaine qui apparait comme un deuxième Sankara aux yeux de la population.

« Je vends un tee-shirt à 2000 F. Le polo, c’est 3.000 F. Mais ça ne suffit même pas », nous dira Drabo Mohamed, qui fait visiblement de bonnes affaires. Et ce business n’a pas qu’un visage masculin. Plusieurs femmes se sont jointes à cette activité.  C’est le cas de Barakissa, qui prétend avoir vendu beaucoup de douzaines depuis le début. « Ça marche vraiment très bien », nous dira-t-elle.

Et pour ceux qui ne peuvent pas se procurer les tee-shirts et polos, la solution est toute trouvée. Les porte-clés, les bracelets, les badges, etc, beaucoup moins chers se vendent comme de petits pains. Les commerçants qui ont choisis de vendre les drapeaux se frottent également les mains. Russes ou Burkinabè, les manifestants se ruent sur ces drapeaux afin de montrer leurs désirs de voir se concrétiser la collaboration entre ces deux pays. « C’est la Russie qu’on veut, on ne veut pas la France. On est fatigué de la France », soutiendra Guiro Adama, qui dit avoir vendu des dizaines depuis hier.

Vivement qu’au-delà de ce business on puisse trouver une bonne issue après ces assises, afin que le profit ne soit pas seulement pour ces vendeurs de gadgets, mais pour le Burkina tout entier.

Flavie

Flavie

Journaliste/Blogueuse, PDG de Jolina's Com, structure de communication/événementiel, Directrice de Publication du Miroir de l'Info. Chargée de la Communication au sein de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l'Ouest, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. Directrice Artistique du Festival de Musiques et Danses Africaines (FEBAANOU)

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