Résilience en agriculture : Les membres de la plateforme d’Innovation lait s’outillent sur la loi OHADA

Les membres des Sociétés Coopératives Simplifiées (SCOOPs) de la Plateforme d’Innovation (PI) lait de Manga sont en formation sur la loi de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires OHADA. Débutée le mercredi 19 juillet 2023, au sein de la mairie de cette localité, la session qui concerne 42 personnes, s’étalera sur 4 jours, subdivisés en deux jours par groupe de 21 personnes. Elle entre dans le cadre de la mise en œuvre des activités inscrites dans le PTBA 2023 du programme de Technologies et Innovations Agricoles pour l’Accroissement de la Résilience des Systèmes de Production et des Exploitations Familiales en Afrique de l’Ouest et du Centre (TARSPro).

Photo de groupe des participants de première vague

De l’initiative de cette activité …

« Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs à travers une entreprise détenue collectivement et contrôlée démocratiquement » (ACI, 2015, p. 2). Elle est fondée dans le but de satisfaire les aspirations de ses membres, à travers une activité commerciale. C’est donc sans conteste une entreprise et comme telle, elle aspire à une bonne gouvernance pour s’épanouir.

La présente session de formation vise à galvaniser les plateformes d’innovations qui sont la cheville ouvrière du déploiement des technologies et autres activités connexes dans les différentes chaines de valeur ciblées par le programme TARSPro.

Renforcer les capacités des membres de la PI…

Dispensée par un Consultant individuel justifiant de solides compétences dans l’accompagnement des acteurs agricoles, l’atelier de formation permettra véritablement de donner un bon bagage aux participants. En effet, elle a pour objectif de renforcer les connaissances des représentants des coopératives membres de la Plateforme d’Innovation Lait du Zoundwéogo, sur la loi d’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) afin de renforcer la bonne gouvernance et le bon fonctionnement de leur coopérative.

La quarantaine de membres de la coopérative sera donc, au sortir de cette session de formation mieux aguerri sur les dispositions nouvelles de l’OHADA sur les Société coopératives, les contraintes et opportunités qu’offre l’acte uniforme ainsi que les modalités de création des Sociétés Coopératives, avec les implications techniques et financières, notamment la durée, les outils de gestion, les moyens humains et financiers. Parallèlement, ces derniers pourront désormais mieux identifier les rôles des différents acteurs intervenants dans le processus tels que l’État, les autorités monétaires, les bailleurs de fonds, etc. Enfin, ils seront en mesure dorénavant, de négocier avec les bailleurs de fonds.

Une vue des participants en salle

En effet, l’objectif de l’OHADA est la facilitation des échanges et des investissements, la garantie de la sécurité juridique et judiciaire des activités des entreprises. Le droit issu de l’OHADA est ainsi utilisé pour propulser le développement économique et créer un vaste marché intégré afin de faire de l’Afrique un « pôle de développement ». Selon l’expert formateur, M. Adama Ouédraogo, Agri-Business, l’OHADA a pour mission d’harmoniser le droit des affaires en Afrique, faire en sorte que tous les pays membres de l’OHADA puissent avoir la même législation, les mêmes lois en matière économique (douanes, taxes, fonctionnement des sociétés, impôts…). L’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives (AUSCOOP) a été adopté le 15 décembre 2010. Elle répond à une demande fortement exprimée par les coopérateurs de l’espace OHADA qui, n’étant pas soumis aux règles des sociétés commerciales, souhaitaient des règles spécifiques harmonisées à l’échelle régionale. « L’AUSCOOP prévoit deux types de coopératives au choix : la société coopérative simplifiée et la société coopérative avec conseil d’administration », dira le formateur. Cette session de formation a donc tout son sens, si l’on aspire à une bonne gouvernance des coopératives, gage d’un succès national et même international des activités.

En rappel, le programme TARSPro est né de la volonté du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF) et de la Direction du Développement et de la Coopération Suisse à soutenir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations en forte croissance. Financé par la Coopération Suisse, il est exécuté dans 5 pays dont le Bénin, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso où il a été lancé en avril 2021. Dans sa mise en œuvre, le projet prévoit un meilleur déploiement des technologies et innovations (T&I) avant-gardistes. Cela passe nécessairement par la formation des acteurs intervenant, notamment les membres des Plateformes d’Innovations, mise en place justement dans le cadre du programme.

Flavie