Production fourragère dans les Hauts-Bassins Des échanges pour la durabilité des actions du projet FONRID-Fourrage

Les acteurs du projet FONRID-Fourrage dénommé « production et valorisation des ressources fourragères par les petits producteurs  de la région des Hauts-Bassins, dans des productions animales intensives orientées vers le marché » se sont rencontrés le mercredi 20 janvier 2021 dans la salle de réunion de la maison de l’innovation de KOUMBIA.

Plus d’une soixantaine de commerçants de bétails, de bouchers, d’emboucheurs, de producteurs et de transformateurs de lait, mais aussi de membres du comité de gestion de la plate-forme d’innovation lait étaient présents à cette réunion. Elle entre dans le cadre des activités du projet FONRID-Fourrage, financé par le Fond National de la Recherche et de l’Innovation Technologique (FONRID) et mise en œuvre par le Programme Gestion des Ressources Naturelles, Système de Production de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O).

Elle avait pour objectif global d’échanger avec les acteurs de la chaine de valeurs  lait sur les leviers à actionner pour assurer la durabilité des actions du projet.

Des échanges fructueux, pour pérenniser les actions déjà entreprises…

De façon spécifique, en séance essentiellement plénière, les participants ont pu échanger entre eux sur les contraintes des maillons des chaines de valeurs « Lait », « animaux embouchés » et « fourrages » ainsi que sur les opportunités du marché.

Ce n’est plus un secret, la culture fourragère présente des avantages certains, quand on sait que les animaux biens nourris travaillent non seulement mieux dans les champs, mais aussi produisent plus de lait pour la transformation et la vente, d’où un profit certain.

Cependant, des difficultés résident dans cette activité. Au nombre de ces difficultés, il y a d’une part, l’absence  de mains d’œuvre qui rend la production difficile et d’autre part, les saisonnalités de la production. En effet, les  feuilles de haricots se détériorent surtout en saison sèche, ce qui constitue un goulot d’étranglement pour les producteurs.  Pour ce qui est du lait, le problème d’enclos pour les animaux et le problème de conservation du lait sont les contraintes majeures. En ce qui concerne la viande le souci majeur demeure le prix du transport et du marché.

C’est pallier à ces contraintes, qu’il a été proposé aux participants la création d’un réseau de production et de fourniture de semences fourragères pour assurer la durabilité de la production fourragère. Et pour étendre ses activités à toute la chaine de valeur, ce réseau devra également prendre en compte la facilitation du déplacement des contrôleurs qui pourront peser le bétail engraissé et évaluer au préalable leur prix de vente avant que les commerçants ne se jettent sur le marché.

Séance tenante le dit réseau a été mise en place et les producteurs se sont proposer de cultiver du MUKUNA, de la variété de sorgho GRINKAN et du haricot, tous des spéculations fourragères, afin d’augmenter la semence de production fourragère de la localité.

Enfin, les emboucheurs ont été formé en technique de négociation afin de créer des partenariats gagnant-gagnant et bénéficier de meilleurs contrats.

Du contexte qui justifie un projet sur le Fourrage …

En rappel, le développement de l’élevage au Burkina Faso est limité par les difficultés d’alimentation du bétail en saison sèche (Kaboré-Zoungrana et al., 2008). Selon Zampaligré, 2012, en saison sèche le pâturage et les résidus de récolte sont réduits à l’état de paille, de faible valeur nutritive et en quantité insuffisante.

De nombreuses technologies alternatives à cet état des faits existent parmi lesquelles on peut citer les techniques de fauche et de conservation du fourrage en sec (foin) ou en humide (ensilages), la gestion des stocks fourragers, le traitement à l’urée et à l’ammoniac, le hachage fin et le trempage préalable, les cultures et les banques de protéines fourragères pures, etc. Toutefois, ces technologies ont connu des limites. D’où l’introduction des variétés à double usage (niébé, arachide, sorgho et maïs), qui trouve un succès auprès des agro-éleveurs. En plus des grains, elles procurent d’importants rendements en fourrage de l’ordre de 4 t/ha pour certaines variétés de niébé selon Singh et al., (2004). Aussi les associations culturales céréales-légumineuses à double usage ont été testées avec succès en milieu paysan dans la région du Centre-Est du Burkina Faso (Obulbiga et al., 2015).

En plus de toutes ces prouesses, l’Institut de l’Environnement et de Recherche Agricole (INERA)en collaboration avec ses partenaires a conçu et expérimenté des options prometteuses d’intensification durable des systèmes de production structurées autour de l’intégration agriculture-élevage. Ce projet FONRID-Fourrage, porte sur l’évaluation et la mise en échelle de ces technologies prometteuses pour correspondre aux besoins des producteurs.

Arianne Koutiébou, Stagiaire en Communication d’Entreprise

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Flavie

Journaliste/Blogueuse, PDG de Jolina's Com, structure de communication/événementiel, Directrice de Publication du Miroir de l'Info. Chargée de la Communication au sein de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l'Ouest, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. Directrice Artistique du Festival de Musiques et Danses Africaines (FEBAANOU)

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