Phénomène des boissons frelatées : regard croisé sur ce tueur silencieux

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« Brigade de la mort », « Morgue », « Cercueil », « Cimetière Municipal », … Ce sont autant d’appellations que l’on rencontre pour les debits de boissons frelatées. Ces endroits se comptent par centaine dans presque tous les secteurs des grandes villes et même dans les villages du Burkina Faso.

On entend par « boissons frelatées », les boissons dont la pureté est altérée par l’apport de substances étrangères. Ce sont généralement des boissons dont la consommation en petite quantité permet de se retrouver très facilement dans un état d’ébriété. Le phénomène de la vente de boissons frelatées dans les villes et campagnes du Burkina Faso est un fléau dont les conséquences ne sont pas des moindre. En effet bien que des textes soient régis afin d’interdire ce commerce illicite, il est rare de parcourir les quartiers de nos villes sans apercevoir des kiosques de vente d’alcools frelatés voir même souvent des grossistes.

La question qui nous taraude l’esprit est « qu’est ce qui empêche de façon concrète l’interdiction pure et simple de la vente de boissons frelatées vu l’ensemble textes édicté à cet effet » ? Le constat est que même quand des descentes de police sont faites, ce qui n’est d’ailleurs pas régulier, il n’en faut pas moins de 24h pour que ces débits se remettent à fonctionner comme si de rien n’était.

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Une clientèle multiple pour des raisons diverses !

Pour parler de vente il faut qu’il y ait des consommateurs. Les cibles de ces débits de boissons frelatées sont de toutes catégories. Aucune balise, que ce soit en matière de tranche d’âge, de genre et même de niveau social. Malheureusement, toutes les couches sociales sont touchées et les raisons varient d’une personne à l’autre. « Je bois pour oublier mes soucis », nous expliquera Moussa (nom d’emprunt). Pour Salam (nom d’emprunt), c’est une question de moyen. « Avec l’argent d’une bière, je peux avoir l’effet de deux fois cette bière« , nous dit-il. Au nombre des raisons multiples que les passionnés de ces boissons peuvent indiquer, on retient que la majorité s’adonnent à leur consommation pour noyer leurs problèmes en général. Malheureusement, force est de comprendre que ces problèmes refont surface une fois leur lucidité retrouvée !

Quelles peuvent être les conséquences de la consommation de ces boissons ?

Les boissons frelatées ne sont pas sans conséquences pour la santé du consommateur. Elles sont source de nombreuses maladies. Parmi les plus courantes, on peut citer l’augmentation des risques de lésions traumatiques, l’apparition de plusieurs maladies cardiovasculaires et de l’appareil digestif. L’alcool cause la mort de plusieurs millions de personnes chaque année. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 4,8 % de la charge mondiale de maladies et de traumatismes sont imputables à l’alcool. À l’échelle mondiale, on estime que la consommation d’alcool est à l’origine de plus de 10 % de la charge des maladies non transmissibles, y compris la cirrhose du foie, la pancréatite, les cancers (de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du foie et colorectal), l’accident vasculaire cérébral hémorragique et l’hypertension. Outre ces maladies chroniques susceptibles d’apparaître chez les personnes qui consomment de grandes quantités d’alcool sur plusieurs années, la consommation d’alcool est également associée à un risque accru d’affection aigües telles que les traumatismes, notamment imputables aux accidents de la circulation, les troubles mentaux, la dépression et la perte de mémoire.

Les conséquences liées à la consommation de boissons frelatées sont énormes. D’où la nécessité de prendre les chose à bras le corps. Il est plus que urgent d’agir face à ce fléau. Cela peut d’abord s’opérer par une phase de sensibilisation auprès des consommateurs, la réprimande des tenanciers et pourquoi pas la fermeture pure et simple de ces kiosques qui s’adonnent à la vente de « la mort ».

Franck Isaac Somda

Flavie

Journaliste/Blogueuse, PDG de Jolina's Com, structure de communication/événementiel, Directrice de Publication du Miroir de l'Info. Chargée de la Communication au sein de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l'Ouest, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. Directrice Artistique du Festival de Musiques et Danses Africaines (FEBAANOU)

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