Mise à l’échelle des technologies : TARSPro forme les facilitateurs des Plateformes d’Innovation

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Ouverture ce lundi 16 mai 2022 à Bobo-Dioulasso, de l’atelier de formation des facilitateurs des plateformes d’innovation sur les approches multi acteurs pour le changement et les outils et techniques de facilitation Burkina Faso. Placée sous la présidence du Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O), représenté par Mr Seydou Sanou, cette session prévue pour 5 jours a été voulue afin d’accompagner les acteurs vers une approche innovante de mise à l’échelle des innovations et de la gouvernance des chaines de valeurs à travers des Plateformes d’Innovation (PI).

Disposer de compétences pour l’établissement et la facilitation des plateformes d’innovations (PI) dans les zones d’intervention du projet TARSPro en vue d’accélérer une adoption de masse des technologies et innovations à même de transformer l’agriculture de ces zones, c’est en l’effet, l’objectif visé par cette formation. Selon les dires du Dr Vianney Tarpaga, point focal du projet TARSPro au Burkina Faso, cet atelier vise à mettre en place un dispositif d’installation des PI, de faire leur facilitation pour faire passer les technologies à l’échelle afin d’impacter la productivité des systèmes d’exploitation agricoles.

Elle est organisée par l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), en collaboration avec le FARA et les Organisations Sous Régionales (OSR) comme le CORAF/WECARD, entre autres parties prenantes dans l’agriculture, en vue d’opérer un changement de paradigme sur la façon dont la recherche et la vulgarisation pour le développement doit être menée et d’adopter la Recherche Agricole Intégrée pour le Développement (IAR4D).

Ainsi, du 16 au 20 mai 2022, ce sont une quarantaine de personnes essentiellement composées d’acteurs des chaines de valeur lait, mangue, Patate Douce à Chaire Orange (PDCO), Manioc, Bétail/Viande, de l’équipe de facilitation (des projets PAPEA et MODHEM+/DDC, les services techniques d’encadrement (Agriculture, Élevage, promotion du genre, emploi et jeunesse…) qui conjugueront leurs efforts, à travers une approche participative, pluridisciplinaire et multisectorielle. Présentations en plénière suivis d’échanges, partages d’expérience, travaux de groupe et restitutions en plénière, c’est ainsi que les apprenants de circonstance procéderont pour le renforcement de leurs capacités

Une quarantaine d’acteurs des chaines de valeurs participe à cette session de formation !

De l’initiative de cette session de formation…

Pour rappel, l’agriculture en Afrique est confrontée à des défis complexes, à des dimensions divers, technologiques, institutionnels, politiques, etc. La demande est de plus en plus croissante non seulement en termes de quantité que de qualité. Parallèlement, la dégradation des ressources naturelles ainsi que les changements climatiques ne facilitent pas les choses et les besoins croissants des populations en énergies et en finance s’accroissent sans cesse. Cet état des faits rend infructueux les systèmes classiques de recherche développement si bien que trouver des solutions ne peut s’avérer possible que dans un contexte multi-acteurs à des échelles diverses et adéquates selon que le problème soit local, national ou régional.

Une synergie d’actions nécessaire pour faire face au problème…

Pour faire face à ces défis, les acteurs des systèmes agricoles et alimentaires doivent mettre en commun leurs connaissances, expériences, et leurs capacités d’influence des politiques à diverses échelles. Cela ne peut se réaliser que dans des cadres aux seins desquels les acteurs agissent collectivement, coopèrent, créent de la connaissance, les partages ou les échanges afin de créer de la valeur en innovant les pratiques de chacun des acteurs prenant part au processus.

C’est dans ce sens que l’orientation politique stratégique du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA) a donné lieu à de nouvelles façons d’organiser le service agricole africain en vue d’accroître son efficience. Ce programme a appelé, entre autres, à un engagement solide pour une recherche agricole élargie et basée sur un partenariat avec les autres acteurs impliqués dans le développement des infrastructures rurales et dans l’accès aux marchés, à la terre et à l’eau, au renforcement des capacités et à l’information, à la technologie de la communication, à travers l’approche IAR4D. Cette approche s’est concrétisée avec le développement des Plateformes d’Innovations (PI) par le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF) qui est l’une des organisations parties prenantes au niveau sous régional des initiatives pour accélérer le développement agricole en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Reconnue comme une nouvelle approche éprouvée pour impulser les changements désirés des systèmes agricoles et alimentaires par les chercheurs, les professionnels du développement et les bailleurs, cette conception du processus d’innovations constitue aujourd’hui un outil efficace pour régler les problèmes socioéconomiques et institutionnels auxquels les petits producteurs font face, notamment l’accès aux nouvelles technologies et aux innovations. De fait, l’institutionnalisation de l’approche IAR4D est devenue un enjeu du développement agricole.

C’est ainsi que le programme de mise à l’échelle des Technologies et Innovations Agricoles pour l’Accroissement de la résilience des Systèmes de Production et des Exploitations Familiales en Afrique de l’Ouest et du Centre TARSPro, prône un meilleur déploiement des technologies et innovations (T&I) avant-gardistes pour assurer une sécurité alimentaire, nutritionnelle et économique des populations d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Une initiative qui vaut son pesant d’or, aux dires du représentant du président de la cérémonie, Mr Seydou Sanou. « C’est donc le lieu pour moi, de saluer cette vision du CORAF et de la Coopération Suisse qui vise à sortir des sentiers battus pour connecter directement les utilisateurs aux chercheurs et innovateurs », a-t-il souligné.

Au sortir de ces travaux, la trentaine de participants sera donc mieux outillés sur les concepts clés et les principes de l’approche PI ainsi que les étapes de la mise en place d’une PI et de ses structures de gouvernance, pour conduire des processus multi-acteurs pour le changement, introduits a des outils pertinents de facilitation des PI. Enfin, ils pourront développer un plan de coaching. Pour information, le programme TARSPro, prévu pour être mis en œuvre sur une période de 12 ans sur la base de trois phases de 4 ans, a pour objectif d’assurer une sécurité alimentaire, nutritionnelle et économique des populations des pays dans lesquels il intervient. Il est né de la volonté du CORAF et de la Direction du Développement et de la Coopération Suisse à soutenir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations en forte croissance. Le programme couvre 5 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Au Burkina Faso, il concerne 4 régions, notamment les Hauts-Bassins, les Cascades, le Sud-Ouest et le Centre-Ouest. 

Flavie

Journaliste/Blogueuse, PDG de Jolina's Com, structure de communication/événementiel, Directrice de Publication du Miroir de l'Info. Chargée de la Communication au sein de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l'Ouest, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. Directrice Artistique du Festival de Musiques et Danses Africaines (FEBAANOU)

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