Lutte contre le flétrissement bactérien de la tomate : les acteurs désormais aptes à produire leur bio compost bactéricide

Du 06 au 07 juillet 2023 s’est tenu dans la salle de réunion de l’ex PV à Bobo Dioulasso, un atelier de formation sur le contrôle du flétrissement bactérien et la formulation du compost bactéricide au profit des agents techniques d’agriculture ainsi que les producteurs. La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du Directeur Régional de l’Institut de Recherches en Sciences Appliquées et Technologies, représenté par M.Bayili. On notait la présence effective du Dr Thio Bouma, représentant le Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles de l’ouest.

Former les agents techniques, les producteurs, et les stagiaires de l’IRSAT et de l’INERA sur la formulation du compost bactéricide et renforcer leurs capacités sur les bonnes pratiques de production de la tomate, c’était l’objectif de cette session de formation. Elle entrait dans le cadre des activités du projet FONRID n°4/ AP5 « contrôle du flétrissement bactérien de la tomate par l’utilisation du compost bactéricide dans périmètres maraichers des hauts Bassins ».

Aperçu sur la filière tomate au Burkina Faso…

La production de la tomate constitue une activité économique importante pour le Burkina Faso. Cultivée dans la totalité des zones agricoles du pays, la tomate occupe la deuxième place après l’oignon bulbe en termes de production. Malgré l’importance économique et les opportunités qu’offre la filière pour l’économie Burkinabè, elle fait face à de nombreuses contraintes biotiques pouvant réduire son rendement de l’ordre de 90% (ARMEFLHOR, 2007 ; CORAF, 2010).  En effet, les bactéries constituent l’une des contraintes biotiques majeures tant pour la production que pour les perspectives d’intensification de la culture de tomate (Blancard et al., 2009 ; Ouattara et al., 2017 ; Son, 2018). Ralstonia solanacearum est la bactérie qui affecte le plus la production de la tomate. C’est elle qui est responsable du flétrissement bactérien. Ce ravageur est d’autant plus dangereux qu’elle constitue une contrainte majeure pour toutes les composantes de la filière tomate. Pour le Dr Bouma Thio « le flétrissement bactérien est un mal qui est économiquement important qu’il faut chercher à éradiquer ». C’est pourquoi, dans l’objectif de mener une lutte efficace contre ce prédateur, les chercheurs ont développés une méthode de lutte locales à travers l’utilisation d’un extrait de substance végétale. Il s’agit de l’huile essentielle d’Ocimum gratissimum mélangé au compost d’où le nom de compost bactéricide.

Former les acteurs pour mieux faire face aux contraintes

Malgré la disponibilité de méthodes de lutte mises au point par la recherche, la lutte ne peut être efficace que si les capacités des bénéficiaires sont renforcées.  

Le présent atelier qui s’est étalé sur deux jours, a permis donc aux organisateurs, d’enseigner plusieurs modules aux participants. Comme l’a souligné le Dr Oumarou Traoré coordonnateur du projet « il a été question d’initier les agents techniques et les producteurs sur la notion des bio fertilisants, le diagnostic du flétrissement bactérien, la bonne pratique de culture de la tomate et enfin la formulation du compost bactéricide ». Et pour joindre l’utile à l’agréable la phase pratique a permis à ces deniers de toucher du doigt les réalités pratiques. C’est ainsi qu’ils ont pu réaliser une pépinière, faire le montage du compost, et produire la formulation du compost bactéricide.

Cette session de formation a été un cadre d’échange entre les organisateurs et les participants. Pour ces derniers l’initiative du projet est à saluer. « Nous ne ferons plus face au flétrissement bactérien des solanacées car nous sommes désormais apte à produire nos bio compost bactéricide » a laissé entendre M.Bazié. A sa voix se joint celle du Dr Léonard Ouédraogo qui se réjoui. « Ce bio compost va nous accompagner, nous aider à produire davantage. Aussi nous espérons avoir plus de projet de ce genre », at-il lancé.

En rappel le projet « contrôle du flétrissement bactérien de la tomate par l’utilisation du compost bactéricide dans les périmètres maraichers des Hauts Bassins » est financé par le Fonds National de la recherche de l’innovation pour le Développement (FONRID) sur une période de trois ans. Il est coordonné par le Dr Oumarou Traoré, phytopathologiste à l’Institut de Recherches en Sciences Appliquées et Technologies, en partenariat avec l’Institut de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest et la Coopérative Maraichère Urbaine et Péri-Urbaine de Bobo-Dioulasso. Ses zones d’intervention sont Bobo- Dioulasso, Toussiana, Houndé et orodara.

Djama Koné