La technologie AWD pour la production de riz fait ses preuves sur la plaine de la Vallée du Kou

« Depuis que ces tuyaux ont été implantés, nous n’irriguons plus au hasard. Cela nous permet de pouvoir faire autre chose et en même temps augmenter notre productivité de riz », ces propos sont de Mr Alassane Sayaogo, producteur sur la plaine irriguée de la Vallée du Kou. Comme lui, c’est plus d’une quarantaine de producteurs qui ont été séduit par la physionomie de sa parcelle. Cette parcelle qui a servi de test pour la technologie Water Wetting and Drying Technic (AWD), a fait l’objet d’une visite commentée le vendredi 11 juin 2021.

AWD, c’est une technologie qui permet, avec peu d’eau, de semer le riz avec à la clé, un bon rendement. Utilisée pour les périmètres irrigués, AWD est une aubaine pour les producteurs de nos pays sahéliens, dont la disponibilité en eau pour l’irrigation des parcelles est un goulot d’étranglement compte tenu de sa dépendance à une bonne campagne pluvieuse, de plus en plus courte. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette technologie vient à point nommé pour donner du sourire aux producteurs de riz.

Quel est le mode opératoire ?

Le matériel utilisé se compose de tuyau PVC de 40 cm, perforé sur 30 cm.

  • Insérer le tuyau dans le sol entre 4 piquets, 15 à 2 jours après semis ;
  • Laisser la parcelle s’assécher jusqu’à ce que l’eau dans le tube descende jusqu’à 15 à 30 cm avant de déclencher l’irrigation,
  • Suivre régulièrement le niveau d’eau dans le tube,
  • De l’initiation paniculaire jusqu’à 7 jours après semis, la floraison (stade critique) : maintenir une lame d’eau d’environ 3 cm,
  • Puis reprendre l’alternance jusqu’à 14 jours avant la récolte.

La plaine irriguée de la Vallée du Kou est de 1000 hectares. Cependant, seulement 400 hectares sont mis en valeur. Cela s’explique par les problème d’irrigation. L’utilisation de la technologie AWD permet non seulement de pouvoir mettre en valeur une superficie plus grande, mais aussi d’avoir une plus grande productivité à travers des tallages plus abondants, des graines plus lourdes et plus fournies.
Notons que l’objectif du projet TAAT est de transformer intelligemment l’agriculture Africaine à travers une meilleure gestion de l’eau dans les parcelles rizicoles.

Le volet WEC qui concerne la gestion de l’eau a démarré officiellement au Burkina Faso en 2018 et est coordonné par le Dr Bama Nati Aîssata Delphine de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA). Il est présent dans 6 autres pays africains comme le Mali, le Nigeria, le Malawi, la Tanzanie, le Soudan et l’Éthiopie.
Le compact eau est coordonné sur le plan international par International Water Management Institute (IWMI). Il est financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et intervient dans 33 pays en Afrique. 
Bien d’autres plaines rizicoles bénéficieront de cette démonstration très prochainement dans le cadre des activités de TAAT/WEC.

Flavie

Journaliste/Blogueuse, PDG de Jolina's Com, structure de communication/événementiel, Directrice de Publication du Miroir de l'Info. Chargée de la Communication au sein de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l'Ouest, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. Directrice Artistique du Festival de Musiques et Danses Africaines (FEBAANOU)

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