Aménagement de fermes agricoles : Des agents d’appui conseil à l’école des cultures maraîchères  

Il s’est ouvert ce mercredi 10 mai 2023, à la Station de Farako-Bâ, une session de formation sur les techniques de production et de gestion post récolte des cultures maraichères. Organisée dans le cadre des activités du Projet de Développement Agricole de Dangoumana (PDAD), la présente session qui s’étendra sur trois jours regroupe les agents des services techniques partenaires. Elle est placée sous la présidence du Directeur Général des Aménagements Agropastoraux et du Développement de l’Irrigation (DGAADI).

Améliorer les connaissances des agents des services techniques partenaires sur la production et la gestion post-récolte des cultures maraichères, dans le but d’assurer une meilleure production et une valorisation des produits issus des fermes agricoles résilientes, c’est l’objectif visé par les organisateurs de cette formation. Elle sera dispensée par une équipe d’experts d’une part dans le domaine de la production maraîchère, et d’autre part dans les questions de valorisation, notamment le stockage, la conservation, la transformation et la commercialisation des produits agricoles. Même si ces deniers sont pétris d’expériences dans les différents domaines qui seront abordés, le processus sera plutôt interactif. C’est en cela que le Dr Honoré Kam, représentant le Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest et formateur, a souligné que parler de formation n’est pas le mieux indiqué. « C’est plutôt un renforcement de capacités à travers un partage d’expériences, dans le sens que ce sera un échange d’information », a-t-il évoqué.

C’est donc à travers une approche d’animation participative basée sur les échanges d’expériences pratiques que les travaux se dérouleront en plénière et en groupes de travail. Et pour toucher du doigt les réalités, des visites terrain sont prévues pendant ces 72 heures d’atelier. Cela permettra aux organisateurs de pouvoir échanger avec les apprenants du jour, sur l’approche chaines de valeurs agricoles, de les outiller théoriquement mais aussi pratiquement sur les itinéraires techniques de production des cultures promues par le projet notamment la tomate, l’oignon, la pomme de terre et la fraise. Aussi, ces derniers seront mieux aguerris sur les techniques de stockage, de conservation, de transformation et de mise en marché des produits maraîchers, etc.

Initiative, garantir la sécurité alimentaire …

Même si la communauté internationale a inscrit la sécurité alimentaire parmi les droits fondamentaux de l’homme, force est de reconnaître que l’insécurité alimentaire continue à être un véritable fléau, moralement inacceptable pour bons nombres de population. Le Burkina Faso est touché par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, du fait du contexte sécuritaire difficile, de l’inflation des prix des denrées alimentaires, du changement climatique, etc.

La sécurité alimentaire, qui garantit à tous les êtres humains l’accès physique et économique aux aliments dont ils ont besoins pour mener une vie active et saine, est donc une nécessité absolue pour les populations. C’est dans cette optique que le PDAD organise cette session de formation, en droite ligne avec son objectif qui est de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté, par le développement de périmètres irrigués, l’intensification de la production agricole, la modernisation et le développement des infrastructures agricoles. En effet, sa stratégie de mise en œuvre étant basée essentiellement sur le faire faire, former les agents des services techniques permettra à ces derniers de former à leurs tours, les producteurs.

En rappel, le PDAD était initialement prévu s’exécuter à Dagoumana dans la vallée du Sourou, région de la Boucle du Mouhoun. « Les questions sécuritaires ont fait que le projet a changé son fusil d’épaule pour être délocalisé d’abord dans la vallée de Samandeni, puis dans la zone péri-urbaine des villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso », nous souligne le coordonnateur, Mr Boukary Sawadogo. Une situation qui a amené le réaménagement du projet, des aménagements de périmètres irrigués vers les fermes agricoles qui sont de petits aménagements avec des forages à grand débits, équipés de systèmes de pompage solaire. La présente formation fait partie des premières activités de cette réorganisation et devrait permettre donc d’accroître les superficies aménagées et par ricochet la sécurité alimentaire. C’est en cela que le Directeur Général de la DGAADI, responsable du Programme Budgétaire 075, Aménagements Hydro-Agricoles et Irrigations, Mr John Hermann Hien soutiendra la nécessité du transfert de compétence. « Il est attendu que les agents d’appui conseil soient le relai technique du projet sur le terrain pour l’accompagnement et l’encadrement des bénéficiaires de ces fermes agricoles qui sont essentiellement des coopératives de producteurs », a signifié ce dernier.

Placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture à travers la Direction Générale des Aménagements Agropastoraux et du Développement de l’Irrigation (DGAADI), le Projet de Développement Agricole de Dangoumana est financé à hauteur de 9.775.000.000 Fcfa par la Banque Islamique de Développement (BID) et l’État Burkinabè. Prévu pour durer cinq (05) ans, il a démarré officiellement ses activités en octobre 2020.