Agriculture Burkinabè : Un parc de technologies et innovations pour dynamiser le secteur

Les producteurs ont désormais un référentiel en matière de d’innovation technologique. C’est le Parc de Technologies et Innovation Agricoles (PTIA) de Farako-Bâ, dont le lancement officiel des Journées Portes Ouvertes est intervenu le vendredi 28 octobre 2022. La cérémonie, placée sous la présidence du Délégué Général du Centre National de Recherches Scientifiques et Technologiques (CNRST), le Dr Emmanuel Nanéma, a connu la présence d’un parterre d’acteurs intervenant dans le domaine de l’agriculture.

C’est un Parc de technologies et Innovations Agricoles (PTIA) qui viendra insuffler une nouvelle dynamique dans la façon d’organiser le service agricole africain qu’il a été donné à la forte assistance d’environ 200 personnes de voir lors de ce lancement. Les participants étaient composés des bénéficiaires directs, des utilisateurs des résultats de recherche, des autorités administratives et politiques, des partenaires techniques et financiers, des chercheurs et des étudiants.

Voulu dans l’objectif d’accompagner les Plateformes d’Innovations Multi-acteurs (PIM), installées par le Centre National de Spécialisation en Fruits et Légumes (CNS-FL), à la demande du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricole (CORAF) pour la mise en œuvre de TARSPro, ce parc contribuera à accroître l’efficience du service agricole africain. En effet, l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), dispose de nombreuses technologies dont la mise à l’échelle pose véritablement un problème, aux dires du Dr Hamidou Traoré, Directeur de cet institut.  « La mise en place de ces technologies permettra aux producteurs, éleveurs et ceux du secteur privé de les découvrir. Si ça les intéresse, la recherche pourra les accompagner pour la mise à l’échelle, dans l’objectif de l’amélioration de la sécurité alimentaire dans notre pays », a-t-il souligné.

Selon le coordonnateur du CNS-FL, le Dr Vianney Tarpaga, cette Journée Portes Ouvertes du Parc de Technologies et Innovations Agricoles de Farako-Bâ avait pour objectif de lancer officiellement le fonctionnement du dispositif d’accompagnement des PIM.  Et le Directeur Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Dr Jacob Sanou, de manifester sa fierté quant à l’installation de cette vitrine dans les Hauts-Bassins. « Nous sommes en train de capitaliser tout ce qui se fait en matière de recherche pour pouvoir contribuer à la sécurité alimentaire et surtout créer des emplois et cela va nous faciliter la tâche », a-laissé comprendre ce dernier.

Ce qu’il faut retenir concrètement, c’est que cette activité a permis d’informer les acteurs de l’opérationnalisation de l’outil PTIA et de présenter les premières technologies et Innovations avant-gardistes disponibles pour l’accompagnement des acteurs des chaînes de valeurs. Elle a surtout permis des échanges directs entre les utilisateurs des technologies et les chercheurs/innovateurs sur les contraintes et les besoins en termes de résultats de recherche, en ce qui concerne les différentes chaines de valeurs agricoles concernées. Ces chaines de valeurs, aux dires du Dr Vianney Tarpaga, sont le Manioc, la Patate Douce à Chaire Organe, la Mangue, le Bétail-Viande et le Lait. « C’est une grande satisfaction de pouvoir déployer autant de technologies dans un seul espace et de mobiliser toutes ces personnes qui en ont un intérêt », a renchérit le coordonnateur pays de TARSPro.

En effet, le parc de technologies et innovations, selon l’entendement de ce programme, est un espace où sont exposées des technologies et des innovations de pointe dans une chaîne de valeur agricole où les parties prenantes peuvent s’informer sur celles-ci, avec la possibilité de se les approprier pour améliorer leurs propres systèmes de production. C’est dire donc que ce parc servira de référence pour les producteurs de ces chaines de valeurs, qui auront la latitude de s’y abreuver en cas de besoin. Ce qui, selon eux, est une initiative à louer à sa juste valeur. « Pour l’agriculture, il faut la terre et l’eau, mais il faut surtout l’intelligence qui se traduit dans la technologie. Lorsque les chercheurs nous invitent à venir découvrir ces technologies, nous ne pouvons que saluer cette initiative », a laisser entendre Mr Gérard Sanou, producteur, président de la Plateforme d’Innovation manioc des Hauts-Bassins. On peut dire que cette volonté de TARSPro pour la mise en place de ce dispositif est à coup sûr bien pensée.

L’initiative du programme TARSPro

Financé par la Coopération Suisse, le programme mise à l’échelle des Technologies et Innovations Agricoles pour l’Accroissement de la résilience des Systèmes de Production et des Exploitations Familiales en Afrique de l’Ouest et du Centre (TARSPro) a été lancé au Burkina Faso en avril 2021. Il prévoit un meilleur déploiement des technologies et innovations (T&I) avant-gardistes pour venir à bout de l’insécurité alimentaire dont font face les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce n’est un secret pour personne, la demande alimentaire dans ces pays et notamment en zone urbaine est sans cesse en croissance exponentielle. Elle devrait augmenter d’environ 60 à 80% d’ici à 2050. Malheureusement, c’est une tendance que les rendements agricoles ne suivront pas. Cela peut s’expliquer aisément par le faible accès aux technologies innovantes et aux moyens de production modernes.

C’est en cela que le programme TARSPro intervient afin d’aider à accroître la résilience et la productivité des exploitations agricoles familiales, à satisfaire durablement la demande en savoir-faire sur le plan technologique des exploitations familiales et à assurer une coalition ainsi qu’une synergie d’actions des acteurs de la transformation de l’agriculture. Il est accompagné dans sa mise en œuvre, par un certain nombre de partenaires parmi lesquels on peut citer le Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA), le laboratoire Feed The Future, United State Agency International Developement (USAID), Kansas State University, Ireach, l’INERA, l’IRSAT ainsi que des Projets et Programmes de Développement, des ONGs, des universités et des Écoles de formation Agricole.

Flavie

Journaliste/Blogueuse, PDG de Jolina's Com, structure de communication/événementiel, Directrice de Publication du Miroir de l'Info. Chargée de la Communication au sein de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l'Ouest, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. Directrice Artistique du Festival de Musiques et Danses Africaines (FEBAANOU)

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